SANTÉ : TOUT SAVOIR SUR LE CORONAVIRUS

Publié le 03 Mar 2020 par Augustin Roger MOMOKANA

Dans le monde médical, le coronavirus n’est pas un inconnu. Il s’agit d’un virus bien connu. La nouvelle souche, contrairement à celles connues, a cette particularité qu’elle se transmet d’animal à l’homme. Dr Armand Nghemkap, médecin urgentiste a expliqué cela sur Medi 1 Radio.

Le coronavirus c’est un virus. De quoi s’agit-il exactement?

Les coronavirus ont toujours existé. Jusqu’à présent ces virus se transmettaient des animaux à l’homme. Ils donnaient à l’homme parfois de petits rhumes, parfois de petites infections respiratoires. Et quelques rares cas d’infections graves. La particularité de cette épidémie qui secoue un petit peu le monde c’est qu’on a cette nouvelle souche de coronavirus qui présente deux particularités : la première particularité c’est qu’elle donne des infections respiratoires beaucoup plus sévères que les précédents. La deuxième particularité c’est que l’on savait que la transmission se faisait des animaux à l’homme. Il n’y avait pas des transmissions interhumaines identifiées.

Quelles sont les zones d’infection à risque ?

Il faut dire que pour l’instant le continent africain est plus ou moins épargné du coronavirus. Les zones à risques demeurent le continent asiatique et notamment la Chine qui est le foyer de cette nouvelle souche du coronavirus. Il est vrai que par le passé on avait déjà identifié quelques souches de coronavirus qui ont provoqué des infections en Arabie saoudite. L’Égypte a signalé un cas avéré. Parfois on a des soupçons, mais qui ne sont pas confirmés par les examens biologiques. On a des pays comme la Corée du sud, l’Iran qui sont touchés. L’Europe est assez secouée. L’Italie en est touchée.

Les coronavirus, qui doivent leur nom à la forme de couronne qui les enrobent, font partie d’une vaste famille de virus dont certains infectent différents animaux, d’autres l’homme. Ils sont susceptibles d’être à l’origine d’un large éventail de maladies. Chez l’homme, ces maladies vont du rhume banal à une infection pulmonaire sévère, responsable d’une détresse respiratoire aiguë.

Comment se transmettent les coronavirus émergents ?

La transmission essentiellement par voie aérienne. A savoir que le virus est contenu dans les secrétions respiratoires. Ce virus va contaminer les personnes qui sont en contact rapproché et en contact étroit avec une personne infectée. Lorsque cette personne tousse, éternue, elle projette dans l’atmosphère des gouttelettes qui renferment le virus. Le contact est rapproché lorsque la distance entre la personne infectée et la personne saine est de moins d’un mètre. On parle d’un contact étroit si on a partagé l’environnement, le même lieu de vie qu’une personne infectée. Cela peut-être sa chambre, le lieu du travail, un mode de transport assis à côté de cette personne-là. Il n’y a pas de transmission via des objets.

Personnes à risques ?

La majorité de personnes décédées sont des personnes déjà fragilisées par d’autres maladies qui ont baissé le niveau d’immunité. Les malades de diabètes, les insuffisances cardiaques, les insuffisances rénales, etc. ces personnes qui sont déjà fragilisées par d’autres maladies sont susceptibles de développer des formes graves d’une infection à coronavirus. C’est ce qui a été démontré dans la forme du virus actuel. On s’est rendu compte que les patients décédés étaient déjà fragilisés par d’autres maladies à l’instar de celles que nous je viens de citer ou tout simplement d’autres maladies qui ont baissé l’immunité.

Mesures barrières. La protection aérienne par le port du masque respiratoire. On doit porter le masque chaque fois que l’on se retrouve dans un cadre à risque. Ces masques sont jetables. Il est impératif d’observer une autre mesure, la précaution contact. Observer une distance minimale d’un mètre avec une personne qui tousse, se laver bien les mains. Le personnel soignant doit aussi porter des gants de protection, en dehors du masque jetable. On doit porter le masque chaque fois qu’on se retrouve dans un environnement où il est susceptible de rencontrer un cas suspect de coronavirus. Il n y’a pas que le coronavirus qui donne des infections respiratoires. Dès qu’on arrive chez soi le masque est jeté à la poubelle.

Les signes d’alerte

La fièvre, la toux, une sensation d’essoufflement, une difficulté à respirer, le rhume, l’éternuement. A plus de 38° on considère qu’on fait la fièvre. On va considérer qu’une personne est suspecte d’une infection à coronavirus si cette personne sort, par exemple, d’une zone à risque ou si cette personne était en contact avec une personne infectée. Dans les 14 jours qui suivent ce contact là, si elle développe ces signes d’alerte. Dans ce cas il faudrait bien évidemment qu’elle puisse s’isoler et bénéficier d’un certain nombre de tests pour confirmer cette infection. Parce que tant que la confirmation n’a pas eu lieu par des analyses biologiques, on reste dans la suspicion.

Conseils aux personnes qui ont été dans une zone à risques

Prendre sa température deux fois par jour, pendant 14 jours. 14 jours correspondent à la durée de l’incubation du coronavirus. Prendre sa température 2 fois par jour, tous les jours pendant ces 14 jours.
S’isoler et appeler un médecin au numéro indiqué [1510 pour le Cameroun] par les autorités sanitaires du pays. Et c’est ce numéro qui va organiser leur prise en charge. En allant chez le médecin, ils risquent de contaminer les médecins et les autres patients. Ils ne doivent pas non plus se rendre aux urgences de leur hôpital. En plus elles doivent porter leur masque
Infections virales saisonnières dit tousser dans leurs coudes. Utiliser des mouchoirs jetables.

Procédure de Prise en charge

Le traitement est symptomatique. Il n’y a pas jusqu’à présent de traitement spécifique. Les études sont encore en cours. Elles n’ont pas encore toutes livrées leurs résultats. L’équipe médicale y va en fonction des symptômes ou de l’état du patient. Limiter la diffusion dans l’entourage.

Optimiste quant à trouver rapidement un traitement efficace ?

Je suis très optimiste. On voit que c’est des épidémies qui durent être quatre et six mois. Dès que certains nombres de paramètres météorologiques viendront, la communauté médicale s’active pour trouver des mesures adaptées. C’est souvent l’ignorance qui provoque la panique.