SUPER MAIRES AUTOCHTONES : UNE BONNE IDÉE ?

Publié le 04 Mar 2020 par Augustin Roger MOMOKANA

Je suis pour la prise en compte particulière des minorités et leur protection contre les dangers du capitalisme et de l’urbanisation.
Mais un (super) maire issu de leurs rangs parce que autochtone n’est pas forcément un gage de meilleure gestion de la cité. On est régulièrement desservis par des personnes assez proches de nous à qui on a confié une mission et qui ont une faible pression des résultats.

Ce qu’il faut c’est de mettre en place un processus d’élections des maires et super maires qui repose véritablement sur le choix des citoyens de la ville: primaires citoyennes libres dans tous les partis politiques, élection au suffrage universel direct y compris du super maire et lutte contre la fraude électorale. A mon avis, les citoyens de la ville et les électeurs sont suffisamment matures pour ne pas choisir ou sanctionner un maire qui ne garantit pas le progrès et la cohésion sociale dans la cité.

Le problème de la protection des minorités autochtones ou allogènes se pose sans aucun doute, mais on a choisi une mauvaise solution avec ce fameux article 246. Sans être un spécialiste des questions urbaines, je sais qu’on peut procéder différemment pour protéger les minorités ou les autochtones. Par exemple réserver des quotas dans les recrutements dans la ville, des places culturelles ou et lieux de vie et d’autres projets de développement qui ont un impact spécifique sur eux. Mais au-delà de tout, on n’attend pas d’un (super) maire qu’il fasse du favoritisme communautaire. On attend plutôt de lui qu’il fasse progresser sa cité en garantissant l’accès à ses concitoyens des infrastructures et services sociaux de base (routes, écoles, hôpitaux, eau, énergie, transports, etc.). Quand un élu travaille (très) bien, les électeurs se foutent de ses origines.

Pour finir, je pense que même si on voulait que les super maires continuent d’être des autochtones, cette loi devait rester tacite. L’écrire en noir et blanc dans notre législation créé plus de problèmes que de solutions, parce que la définition de l’autochtonie (qui crée une vraie fracture dans la société camerounaise) est plus philosophique et sociologique que juridique.

Roger ETOA Allochtone (mélange entre allogène et autochtone)