Baisser le masque avant de prendre parole!

Nos compatriotes brillent par la mauvaise habitude qui consiste à baisser le masque au moment de parler à divers interlocuteurs. C’est exactement comme si on mettait un drapeau en berne avant de chanter l’hymne.

A mon sens, deux justificatifs pourraient être convoqués pour comprendre pareille attitude:

1- La mauvaise qualité du masque ou l’inadéquation de certains masques à la diffusion de la parole. En effet, la plupart des masques sont fabriqués localement et sans respect des normes à la fois en matière de respect des dimensions et des matériaux de fabrication appropriés. Il en résulte une production de masques serrés, qui étouffent littéralement le mouvement des lèvres, et altèrent la qualité sonore des paroles. D’autres masques sont eux, fabriqués pour la sécurité des personnels des chantiers de génie civil où prédominent les poussières. Ce sont des masques rigides et trop serrés qui dénaturent le son en le bloquant et mitigent le rendu du discours de celui qui les arbore.

2- L’ignorance du double rôle barrière du masque. D’un côté, le masque est sensé faire barrière aux particules venant de notre interlocuteur ou du passant; ces particules ou postillons pouvant être souillées. D’un autre côté, le masque bloque nos propres éclats de salive, ou de toux, protégeant de fait notre vis à vis et même les passants. D’où vient-il que les citoyens de tous bords aient tendance à baisser le masque avant de se mettre dans la situation de risque à savoir l’échange, la conversation? On a en mémoire l’image du gouverneur du Littoral, Samuel Ivaha Diboua, parlant à masque baissé aux voyageurs de retour de France à l’aéroport International de Douala. On apprendra quelques temps après qu’il fût infecté à la covid19 à l’occasion.

Aussi vrai que notre communauté nationale tarde à domestiquer le masque comme une mode permanente, baisser le masque pour prendre parole sera toujours comme baisser la garde face à la Covid-19. Si votre masque s’avère serré, autant en acquérir un aux dimensions normales. Si le masque est fermé ou fabriqué avec du matériel rigide, mieux vaudra se ravitailler d’un masque normé à l’instar du masque chirurgical disponible dans notre environnement et abordable en terme de prix d’achats.

Ne pas baisser le masque, remonter la garde jusqu’à la base des yeux, le temps d’un échange. Masquer même, s’il le faut, les yeux pour échapper au calvaire coronaire.

Fernand Leos DOUANLA