Environnement : l’Université de Dschang va apporter son expertise à la mise en place du Conservatoire botanique des grassfields de Bana.

Cet article a été rédigé par Augustin Roger MOMOKANA pour le compte du journal en ligne Sinotables. Date de la mise en ligne 15 juin 2021.

L’Université de Dschang déploie son expertise en foresterie auprès des communautés. Après Babadjou (Bamboutos), Fongo-Tongo (Menoua), voici Bana (Haut-Nkam). Ce déploiement résulte de l’écho retentissant du jardin botanique de l’Université de Dschang dont le lancement avait eu lieu en août 2020.

Une convention de partenariat a été signée lundi 14 juin 2021, dans la salle des actes du rectorat, entre l’Université de Dschang représentée par son recteur, le professeur Roger TSAFACK NANFOSSO, et la communauté Bana, représentée par son chef supérieur, Sa Majesté Sylvestre SINKAM HAPPI V.

« Nous sommes très heureux en tant que Université de vous accompagner dans ce projet. Et en même temps nous sommes heureux de constater que l’expérience que nous avons engagée dans ce domaine peut être divulguée (…) le fait d’être à vos côtés va nous permettre d’avoir un certain maillage avec les communautés pour faire en sorte de discipliner la forêt, de discipliner l’urbanisation, et pour que les peuples qui sont autour de l’université puissent bénéficier des compétences que nous avons » : Professeur Roger TSAFACK NANFOSSO.

A travers la convention de partenariat signée par distinguées personnalités- et en présence de leurs collaborateurs- l’Université de Dschang et le Conservatoire botanique des grassfields de Bana (ECO-Grassfields Coop-SA) se donnent la main dans le but d’agir en faveur de l’environnement. L’avenir de l’humanité et le bien-être des populations en dépendent.

Un avocatier vu au Jardin botanique de l’Université de Dschang

« Toutes les chefferies des grassfields possèdent un réseau de forêts sacrées et de sanctuaires boisés. De véritables fortunes de biodiversités protégées par un ensemble d’interdits qui malgré leur protection sont menacés d’extinction. L’Écosystème des grassfields est en déclin. Il s’agit d’une grande tragédie pour les générations futures et des millions de personnes qui aujourd’hui dépendent de ce biotope pour l’essentiel de leurs produits alimentaire, médicinale, culturel cultuel. Bana est une illustration parfaite de cette tragédie en cours. »

Le groupement Bana, arrondissement de Bana, dans le département du Haut-Nkam, est engagée à mettre en place d’un conservatoire botanique qui sera à la fois un outil de « mobilisation sociale en faveur de la restauration des paysages et des terres dégradables » et un lieu de conservation et de valorisation de la valorisation de la biodiversité des grassfields ». Le roi et sa communauté ne lésinent sur aucuns moyens pour parer à l’urgence.

Dans cette perspective, l’Université de Dschang, à travers le département de Foresterie de la faculté d’Agronomie et des sciences agricoles (FASA), va déployer son expertise d’abord pour des études de faisabilité, ensuite pour la création d’une pépinière, et enfin pour la conduite des opérations de mise en place effective du conservatoire botanique proprement dit.

Remise d’un objet d’art à Monsieur le Recteur de l’Université de Dschang par Sa Majesté le roi des Bana

En venant à Dschang, où il a d’ailleurs séjourné en tant qu’étudiant, Sa Majesté Sylvestre SINKAM HAPPI V n’est pas venu les mains vides. Il a remis un précieux objet artisanal de son village au professeur Roger TSAFACK NANFOSSO. Il s’agit d’une bouteille perlée. Bana est réputé pour son artisanat. D’où l’idée du recteur de l’Université de Dschang qu’à l’avenir cette communauté et l’Institut des beaux-arts de Foumban puissent aussi se donner la main.

Le roi des Bana, SM. Sylvestre SINKAM HAPPI V se fait présenter le Jardin Botanique de l’Université de Dschang par le professeur TCHAMBA Martin

En marge de la signature de cette convention, le chef supérieur des Bana, Sa Majesté Sylvestre SINKAM HAPPI V, ses notables et le conservateur du Conservatoire botanique des grassfields se sont rendus au Jardin Botanique de l’Université de Dschang. Sa Majesté a saisi cette occasion pour planter quelques arbres, marquant ainsi sa présence dans cette initiative qui ne cesse de faire rêver aussi bien les particuliers que les communautés. De 1300 arbres au lancement l’on en est à plus de 3000 arbres; alors que la seconde phase de la campagne de mobilisation se prépare encore. L’idée est de mettre en place 25000 arbres sur une superficie de 13 hectares divisée en quatre parcelles. Cette initiative inspirante ne cesse d’attirer les attentions.

Le professeur TCHAMBA Martin est chef du département de Foresterie. Il analyse cette initiative une année après son lancement : « On voit que du côté des communautés locales il y a une acceptation du projet. On voit que des communautés s’inspirent de ce projet. Ce qui veut dire que le signal donné par le professeur Roger TSAFACK NANFOSSO est très bien perçu. Les gens ont bien compris que l’avenir de l’humanité, le bien-être de nos populations dépendra de la qualité de notre environnement. Pour cela il y a des opérations de création de jardins botaniques, il y a des opérations de restauration des paysages. Nous avons Babadjou, nous avons Bana, mais il faut savoir qu’il y a d’autres communautés qui nous ont interpellés pas nécessairement pour signer des conventions formelles, mais simplement pour les accompagner. Nous avons la communauté Bassonken dans l’arrondissement de Penka-Michel, nous étions à Fongo-Tongo le week-end dernier ; il y a également Santchou est avec nous, il y a Fokoué et Fomopéa qui se signalent. Ça prend corps. Et je pense que d’ici quelques années on va bien se rendre compte que l’université a bien joué son rôle de services à la communauté. »

SM Sylvestre SINKAM HAPPI V plante un arbre au Jardin Botanique de l’Université de Dschang

Ainsi, grâce à l’accompagnement de l’Université de Dschang les objectifs de la Communauté Bana, en matière de gestion durable des ressources naturelles des Monts Bana, de restauration de l’écosystème, de l’amélioration des conditions de vie des populations pourront devenir une réalité dans les années à venir.

Augustin Roger MOMOKANA