Dschang : Accidents à la falaise, les chefs traditionnels de la Menoua seraient-ils décédés ?

Cet article a été rédigé par Augustin Roger MOMOKANA pour le compte du journal en ligne Sinotables. Date de la mise en ligne 19 juin 2021.

En six mois, la Falaise de Dschang a déjà envoyé près de 100 personnes, toutes des adultes, dans la tombe. Il s’agit de 57 personnes pour l’accident du 25 janvier, de 05 morts pour l’accident du 27 mai, et 01 pour l’accident de ce 15 juin. L’Etat n’a pas emprunté 17,22 milliards de FCFA à la Banque Africaine de Développement (BAD) pour que tant de vies humaines y périssent.

Il ne faut pas voir seulement la vétusté du parc automobile, l’entretien approximatif des véhicules, le peu de professionnalisme des chauffeurs, l’étroitesse de la route. Il faut également pensée aux esprits maléfiques, aux totems, à la sorcellerie que pratiqueraient certains ennemis de la Menoua.

Ce énième accident de la circulation survenu à la Falaise de Dschang – qui a fait 01 mort et plusieurs dizaines de blessés – a remis au gout du jour la sempiternelle question de la spiritualité africaine face à certaines épreuves de la vie.

En vérité il serait absurde pour certains d’émettre l’idée de convoquer les pouvoir traditionnels en vue de stopper la saignée qui ne devrait plus être uniquement mise sur le dos des chauffeurs peu expérimentés , l’état des véhicules et l’état de la route.

Chez les chrétiens, on devrait organiser une prière spéciale en ce lieu dans le but d’exorciser le mal. Les animistes quant à eux procèdent par un rite d’expiation et de purification. Cette option n’est pas à négliger. Surtout parce qu’il est évident que ceux qui se nourrissent du sang humain le font pour rendre cette route moins sollicitée par les véhicules.

Dans le second cas, il s’agit de conjurer les forces disponibles, que seules les sociétés secrètes détiennent la science, pour qu’elles aillent à la Falaise chasser les esprits du mal qui y ont élu domicile. Ces esprits peuvent être des totems, des âmes perdues qui errent dans la nature, des actes de personnes dont la création de la route a fait perdre à leur contrée son rayonnement d’antan, etc.

Lors de l’accident du 25 janvier dernier, l’on a assisté à une descente sur le site de l’accident de madame la Ministre de l’Habitat et du développement urbain. Célestine KETCHA COUTRES avait dans sa suite des membres d’une société secrète dénommée Kou’gang. Ces derniers ont fait une sorte d’incantation soi-disant pour éloigner tout mal de la falaise. Sauf que Madame la Ministre n’avait pas cru devoir associer le Chef supérieur Foréké-Dschang à cette cérémonie. Si elle l’avait fait, nulle doute que Foréké – Dschang devait désigner quelques membres de sa société secrètes pour se joindre aux protégés de madame la Ministre. Cela aurait eu d’effets.

Puisque la situation devient inquiétante, il serait peut-être sage que les chefs traditionnels des 20 groupements que compte la Menoua s’assoient, sous la coordination de sa majesté DJOUMESSI III WAMBA Mathias des Foréké-Dschang, afin de voir ce qu’il y a lieu de faire pour chasser le mal sur la falaise.

Si l’on vous dit que les travaux de construction de la route Melong Dschang, longue 22,5 km dont 15 km sur la falaise n’ont pas toujours été achevés, vous diriez que c’est la magie. Si l’on vous dit que l’inauguration de cette route a eu lieu à la veille de l’élection présidentielle de 2004, alors que les travaux se poursuivaient encore sur le terrain, vous diriez encore que c’est la magie. Si l’on vous disait que c’est cette inauguration politique qui est à l’origine de la cessation de la poursuite du chantier, vous aurez compris pour quoi ni la signalétique (“Grand mur”) qui devait être construit à l’entame de la falaise, les pistes de collecte n’ont plus jamais été réalisées parce que l’entrepreneur brésilien Andrade Gutierrez a refusé d’ouvrir ces nouvelles routes.

Augustin Roger MOMOKANA Photo: Whatsapp