Cameroun – Culture : Us & coutumes bamiléké, comprendre ce qui s’est passé à Batié afin que cela ne se reproduise plus jamais.

La scène spectaculaire qui a marqué à jamais les obsèques-funérailles du notable Wabe Mbeu Suffo a eu lieu samedi 24 juillet 2021 à Balagou I, Batié, dans la région de l’Ouest. Pourquoi sa Majesté TCHOUAKAM DADA Théodore s’en est pris à une veuve.

Il s’agit d’une conséquence du décès de KAMSU Albert, dit Wabe Mbeu Suffo, notable à la cour royale Batié, dans les Hauts-Plateaux, à l’Ouest du Cameroun. Cet homme d’affaires-il est le promoteur des hôtels Prestige – a trouvé « sa voie » le 15 juin 2021. Il meurt à l’âge de 70 ans, laissant trois veuves et de nombreux enfants dont KAMSU Bertrand.

Cet article a été rédigé par Augustin Roger MOMOKANA pour le compte du journal en ligne Sinotables. Date de la mise en ligne 30 juillet 2021.

Le jour des obsèques.
Tous les enfants du défunt KAMSU Albert, dit Wabe Mbeu Suffo ont participé aux préparatifs des obsèques de leur père et notable. Tout s’est donc bien passé, malgré le désaccord apparent entre les trois veuves, jusqu’au moment où il a fallu « désigner » le successeur du grand notable. Sa Majesté TCHOUAKAM DADA Théodore constate alors la disparition de celui qui devrait être présenté au public. C’est ainsi que le chef supérieur Batie, soutenu par quelques notables, quitte son siège malgré son état de santé pour aller attraper la deuxième épouse et mère de KAMSU Bertrand pour venir l’asseoir près de lui. Ceci afin que l’enfant disparu revienne. Parce que la mère sait où serait passé son enfant.

Que signifie arrêter la mère de l’enfant fugitif ?
L’interpellation de la veuve et mère de l’enfant fugitif a une signification et conséquences : si l’enfant apprend que sa maman est détenue par le chef et ne revient pas, Sa Majesté pourrait décider soit de renvoyer l’arrestation du successeur à une date ultérieure soit de « planter » ou fermer l’accès ou sortie à la résidence du défunt. Jusqu’à ce qu’il puisse faire respecter les dernières volontés du défunt KAMSU Albert.Il s’agit d’un droit coutumier que les gens qui nous ont imposés leur droit ne reconnaissent pas. Pourtant il est arrivé que dans les villages, les quartiers cette décision soit prise dans le cadre du rétablissement de l’ordre.

La veuve de Wabe Mbeu Suffo otage de Sa Majesté TCHOUAKAM DADA Théodore

Dans le cas présent, l’enfant ayant appris que sa mère vient d’être prise en otage par Sa Majesté s’est rendu et a été fait successeur de son père comme l’avait voulu le défunt KAMSU Albert. L’enfant n’avait pas à fuir la responsabilité coutumière que lui concède son géniteur. Alors qu’il sera le premier à se jeter sur l’héritage économique laissé par le défunt père.

Les leçons
Sa Majesté a posé un acte doublement positif et loyal, digne d’un protecteur des us et coutume de son royaume : il n’a pas été le partisan des tricheries qui ont cours dans nos communautés traditionnelles où les dernières volontés des défunts sont foulées aux pieds. Parfois contre des sommes d’argent ou pour des raisons décidées par des hommes politiques. Le deuxième acte positif c’est le respect des us et coutumes de son village. Ce n’est pas tous les jours que l’on voit un chef traditionnel poser l’acte que vient de poser Sa Majesté TCHOUAKAM DADA Theodore. Cela devrait enseigner à ses collègues et à certains notables qui ont la réputation de détourner les dernières volontés.

Augustin Roger MOMOKANA / Photos: Sur les réseaux sociaux