Indépendance : L’Afrique doit d’abord créer ses propres industries pharmaceutiques et militaires.

Aucun peuple n’a pour destin de subir l’oppression de l’autre. Chaque peuple doit se découvrir, se réinventer pour se mettre à l’abri des oppresseurs de tous genres. Ainsi l’Afrique peut faire le saut majeur sans lequel aucune indépendance véritable ne serait possible. Pour cela il est nécessaire de consacrer effectivement les libertés d’agir, d’aller et de penser.

En quelque sorte, il s’agit de réduire le pouvoir de nos dirigeants actuels qui pèchent par leur inertie congénitale face au néocolonialisme occidental. Parce que la contrôle militarisé ces libertés est la cause de l’état de végétatif actuel dans lequel se trouve de l’Afrique.

Cet article a été rédigé par Augustin Roger MOMOKANA pour le compte du journal en ligne Sinotables. Date de la mise en ligne 18 octobre 2021.

Pour quoi l’Afrique ne se libèrera-t-elle jamais si elle ne se projette conquérante dans les trois principales industries mondiales : l’automobile, l’armement et du médicament ?

Le continent Africain, c’est plus 1, 2 milliard d’habitants. Il s’agit d’un gigantesque marché qui, s’il est pourvu de l’intérieur, va créer un bouleversement social inimaginable tant à l’intérieur que dans les rapports avec l’extérieur.

Ce qui qui maintient l’Afrique dans la pauvreté, c’est sa dépendance de l’industrie occidentale. C’est la soumission quasi épileptique de nos dirigeants à leurs homologues occidentaux. Ils ne portent aucune vision à moyen ou à long termes pour révolutionner la situation.

Pendant ce temps les maitres de l’industrie militaire, de l’industrie pharmaceutique, de l’industrie automobile agitent sur la tête de nos États leur épée de Damoclès. Sur la tête de cette Afrique, plus grand foyer de guerre au monde, et qui ne semble pas prendre conscience de la nécessité de se réveiller. Elle préfère acheter des armes au lieu de les fabriquer.

Sachant bien qu’une industrie entraine une autre. La guerre se nourrit des armes ; les armes nécessitent des vêtements. La guerre fait appel à l’humanitaire ; l’humanitaire demande des véhicules et des médicaments. Tout cela on l’utilise en Afrique.

Cette Afrique qui, 50 ans après son « indépendance » n’a cessé de surprendre par sa politique. Elle manque de vision. Tous les jours à la télévision des États brandissent des personnes interpellées comme de criminels de grand chemin parce qu’ils fabriquent « clandestinement » des denrées alimentaires, des vêtements semblables à ceux de l’armée, etc.

Pourtant il suffisait de les encadrer pour donner un sens à leur ouvrage. Il ne s’agit plus stigmatiser et d’emprisonner l’habitant de Batcham qui fabrique de la chloroquine, mais de lui donner de l’encadrement nécessaire pour qu’il s’affirme dans cette démarche qui, au bout du compte, profitera à l’ensemble de la population.

Ce qui manque à l’Afrique ce n’est pas trouver les capitaux. L’Afrique n’aura pas besoin de capitaux occidentaux pour financer ses entreprises. Des fonds peuvent être levés dans nos pays pour financer la révolution économique et industrielle de l’Afrique. Il suffit que nos dirigeants prennent conscience que la stabilité de leur pouvoir est tributaire à un investissement qui apaise les cœurs parce qu’elle répond à l’épineux problème du chômage des jeunes.

Que les premiers pays, le Nigeria, l’Afrique du Sud, la République Démocratique du Congo, l’Angola, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, l’Éthiopie, entre autres, se lancent et dans dix ans l’Afrique ne sera plus une colonie comme nous la connaissons aujourd’hui. Parce qu’elle va trouver d’abord une marché continental, avant d’aller aussi au-delà de ses frontières.

L’Afrique doit tirer les leçons des crises politiques dans la zone du sahel où les armées françaises ravagent le bien-être des populations à cause du coût des opérations du maintien de la paix. Elle doit tirer les leçons la lutte contre la pandémie du coronavirus où elle est obligée de payer des vaccins dont elle ignore de quoi ils sont fabriqués. Elle doit tirer les leçons de la crise de l’enseignement en adaptant ses programmes secondaires à son environnement et à ses problématiques.

Augustin Roger MOMOKANA