Alliance Franco-Camerounaise de Dschang : les administrateurs, la direction et les membres se sont regardés dans les yeux.

L’Alliance franco-camerounaise de Dschang a tenu mercredi 03 novembre 2021 son assemblée générale à mi-parcours. Cette occasion a été un véritable moment de vérité entre le conseil d’administration, la direction d’une part, et les membres de l’association d’autre part.

« Nous nous posons des questions. La première question c’est quel était leur (cabinet d’audit) leur cahier de charges. Vous avez dit la rédaction d’un cahier de procédures. Mais lorsqu’il vient avec son comptable, il devient à la fois juge et partie. Nous vous chargeons de prendre des mesures pour résoudre ce problème ».

Cet article a été rédigé par Augustin Roger MOMOKANA pour le compte du journal en ligne Sinotables. Date de la mise en ligne 05 Novembre 2021.

Cette assemblée générale ordinaire de mi-parcours a permis aux participants de se regarder dans les yeux, de s’expliquer et d’aplanir certains de leurs différents, afin de projeter un avenir plus serein.

Ainsi, après la présentation du rapport moral par le président Maitre DONGMO TSOBENG, le directeur a pris la parole pour le bilan financier. Un bilan financier qui relève les recettes et les dépenses. Ceci dans un contexte marqué par la crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus.

S’agissant du bilan moral, un point d’honneur a été mis sur la situation de l’AFCD depuis la prise de fonction en novembre 2020 du conseil d’administration en place. Une situation marquée par les rapports tendus avec l’ambassade de France qui qualifie à l’époque la gestion de moyenâgeuse. Des efforts ont été faits avec comme conséquence la subvention de 9 millions accordée.

Pour sa part le directeur, Jean Willy EKOM a situé les membres de l’assemblée générale sur les comptes à la date du 30 septembre 2021. Ils se chiffrent à en recettes à la somme de 148 526 000 francs et en dépenses à la somme de 102 289 351 francs dont plus de 37 millions reversé à la France comme redevance CCIP pour organisation TEF.

Réagissant dans le cadre du débat, les adhérents ont tenu à faire des précisions : l’Alliance franco-Camerounaise de Dschang est une association de droit camerounais affilié à l’Alliance française de Paris. Par conséquent l’Ambassade de France au Cameroun ne saurait s’y poser comme la tutelle au point où la gestion ne tient plus du tout compte des membres. Imposer un représentant de la Mairie de Dschang et un autre de la Route des Chefferies au sein du conseil d’administration est une autre preuve que l’Ambassade de France se comporte comme un colonisateur. Et elle sait très bien qu’elle a affaire à une organisation privée.

Les rapports avec les artistes porteurs de projets ont également été discutés. Les membres accusent la direction de ne pas soutenir suffisamment les porteurs de projets.

Quant aux activités concernant les enfants, le directeur a rassuré les membres que tout est réuni pour leur reprise avant la fin de novembre courant. Il en est de même de la relance des ateliers d’animation. La bibliothèque va recevoir dans les tous prochains jours de nouveaux livres. De même, une nouvelle sonorisation en est cours d’acquisition.

Ont également été abordé l’audit commandé par l’Ambassade de France et dont l’assemblée générale n’a toujours pas été édifiée du résultat, mais a imposé la présence permanente d’un auditeur à l’Alliance. L’Assemblée générale a demandé d’auditer la gestion de ce cabinet et de mettre un terme à sa présence. S’agissant de la situation du personnel le règlement intérieur est en correction après un avis de l’inspection de travail, la régularisation des salaires est réglée. Les rapports avec le Ministère des Arts et de la culture préoccupent la direction, etc.

Au sortir, le conseil d’administration a été d’accord sur un fait : il doit prêter une oreille plus attentive aux membres porteur de projet. Tandis que le directeur quant à lui a déjà, pour faciliter la tâche aux artistes, organisé les 1er et 2 novembre un atelier de formation au montage d’un projet culturel et à la gestion de carrière artistique.

Mais à titre de rappel, les membres ont rappelé que : « Nous ne sommes pas une mission diplomatique rattachée à l’ambassade de France. Nous sommes une association de droit local, de droit camerounais avec un récépissé signé par le préfet de la Menoua. Qui bénéficie du label d’une association internationale qui s’appelle Alliance Française de Paris. Que ce soit vous, Monsieur le Président, que ce soit vous Monsieur le Directeur, intégrez que vos patrons ce sont les membres ici présents à l’assemblée générale. »

Augustin Roger MOMOKANA