Alliance Franco-Camerounaise de Dschang : Allocution du président du conseil d’administration démissionné.

Publié le 17 Mar 2022 par SINOTABLES

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La Commission Ad Hoc régionale d’enquêtes administratives commise par le gouverneur de la région de l’Ouest se rendra, à nouveau, ce vendredi à l’Alliance franco-Camerounaise de Dschang (AFCD). Cette journée s’avère crucial aussi bien pour cette commission que pour l’Alliance. La tâche n’est pas aisée comme pourraient prétendre certains. Et ce pour plusieurs raisons :

D’abord, lors de leurs prises de paroles vendredi dernier, les artistes adhérents ont clairement indiqué qu’ils ne veulent plus de l’ex-directeur. Ils lui reprochent de ne pas s’occuper de leur épanouissement professionnel et de faire de la discrimination.

Ensuite, les membres sont particulièrement remontés contre l’idée de confier la transition aux personnes extérieures à leur association. La commission n’écartant pas cette éventualité pour la raison qu’elle veut confier cette transition aux personnes extérieures en vue de garantir la confiance de l’Ambassade de France au Cameroun.

Enfin, confier l’Alliance Franco-Camerounaise de Dschang à la Mairie de Dschang (ses protégés) serait suicidaire. Son passé démontre qu’elle n’a aucune vision pour le développement touristico-culturel de Dschang: l’Office de Tourisme de Dschang (OTD), la Base Nautique, le Musée des Civilisations ne sont plus que des coquilles vides. L’Agence municipale de gestion des déchets (AMGED) n’est pas loin de là.

En attendant de savoir ce que cette journée du vendredi 18 mars 2022 réserve à l’AFCD, Sinotables vous propose en intégralité l’allocution de démission du conseil d’administration du 28 octobre 2020. Elle a été dite par Albert DONGMO TSOBENG.

Allocution du président sorti de l’Alliance Franco-camerounaise de Dschang

” Merci Monsieur le président de me permettre de m’asseoir.

Je prends la parole cet après-midi, cette fois encore, pour rassurer les autorités administratives de ma localité du fait que les liens de subordination qui existent entre nous ne sont pas débattables.

J’ai quelque chose à dire au nom du conseil d’administration. Vous permettez que je fasse un très court rappel d’un ou de deux éléments qui ont été dits ici pour rassurer les uns et les autres.

Nous sommes dans une structure culturelle, mais la fonction de membre ou du président du conseil d’administration est politique. Je voudrais rassurer tout le monde que j’ai vu des acteurs politiques prendre la parole ici.

Je voudrais rappeler une chose, d’abord à Docteur Sonkin qui lors de l’assemblée générale de novembre est celle qui ayant pris la parole a dénoncé qu’une association de droit camerounais ait été placée par nous sous la tutelle de l’ambassade de France. J’espère qu’elle ne l’a pas oubliée… Et elle revient aujourd’hui dire que sans la France l’Alliance n’est rien. La vérité, elle sait bien là où elle se trouve.

Ensuite, les comptes de l’Alliance n’ont jamais été bloqués dans l’histoire. C’est ce qui a été rappelé. Mais je voudrais également rappeler que l’Alliance n’a jamais eu la somme d’argent qu’elle a eue pendant que nous étions là. Je crois qu’on a touché le seuil de 208 millions. L’Alliance avait fonctionné parfois avec moins de 5 millions dans son compte. Ce n’était pas intéressant. L’Alliance n’a jamais commencé un mandat avec 141 millions. Et pendant le parcours on se rend compte, dans le cadre d’une restructuration, à la fin de la première année du mandat que l’Alliance est déficitaire. Alors qu’on se serait attendu qu’on ait 250 millions.

Madame Sonkin,
Cher membre de l’Alliance,
Cher public,

Oui ! Nous nous sommes attaqués à la tutelle. Oui nous nous sommes retrouvés sur une mine d’or. C’était beaucoup d’argent. Nous avons été un conseil d’administration de pacotille qui, à un moment donné, a refusé de continuer cette servitude ; dont ses instructions ne valent pas mieux qu’un papier hygiénique. Ses recommandations, ça demande du respect aux statuts. La promotion culturelle, la gestion à géométrie variable, à tête chercheuse.

Enfin, certains ici avaient promis- les autorités administratives étaient présentes- l’un avait dit : « Puisque je ne suis pas PCA, bonjour à la fécafootisation de l’Alliance. Elle sera ingouvernable. » Monsieur le préfet était présent. Puis l’Alliance n’a jamais finalement été gouvernée par le conseil d’administration. Nous avons juste eu envie que la clarification, parce que les plaintes qui fusent contre le conseil d’administration sont des plaintes dont le conseil dont je suis le président s’est rendues coupable de malversations financières, de détournements. C’est la raison pour laquelle ce conseil a exigé qu’un audit soit fait pour mettre tout le monde d’accord. Audit qui a été rejeté par le partenaire.

Pour l’intérêt de la soumission que nous avons à l’endroit de nos autorités qui sont arrivées ici aujourd’hui, je réitère ici, après une brève concertation en off que j’avais eu avec les membres du conseil d’administration devant Monsieur le Préfet, que nous n’avions aucun intérêt à ce que l’Alliance qui a fait de nous ce que nous sommes, que nous puissions l’entrainer dans notre tombe. Nous l’avons trouvée, elle doit vivre après nous. Voilà ce que nous avons déclaré ce jour à Monsieur le Préfet.

Pour dire que nous n’avions aucune volonté, aucune envie de faire disparaitre l’Alliance avec nous.

Vu notre volonté à continuer de travailler avec les autorités, nos autorités, puisque la vie n’est pas que l’Alliance, la vie n’est pas qu’à l’Alliance
Vu également que c’est une exigence du partenaire, même si le 16 décembre il me saisissait par correspondance pour dire « je compte sur vous pour poursuivre la restructuration ;
Vu que nous osons réclamer qu’une clarification soit faite pour le bien de la culture dans la Menoua, à l’Ouest et dans le Cameroun. Si ça peut permettre que ce que nous avons vécu à l’Alliance, pour ma part pendant les quatorze dernières années (…)

Nous parlons des grandes conférences, nous avons fait une programmation qui n’a pas été respectée. Les grands concerts. Tout ce que vous citez existe dans la programmation. Puisque à chaque fois c’est toujours évoqué cette relation entre les différents acteurs et notre modeste personne, le conseil d’administration dont je porte la voix a choisi de reprendre ce qui avait déjà été dit à l’autorité administrative, c’est-à-dire lui remettre, à elle, notre démission pour qu’elle assure cette transition qui va permettre de stabiliser certains dysfonctionnement qu’on retrouve à l’Alliance Franco-Camerounaise ; pour le bien des artistes et pour le bien de nous tous. Parce qu’il y a des personnes qui vivent des conflictualités, elles devront être les promoteurs de la paix.

Pour que vive notre cher et beau pays le Cameroun
Sur ce je vous remercie.”

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